l’Orchestre

Certains L’Aiment Chaud fondé en 1983 par Kiki Desplat et Claude Jeantet, est aujourd’hui encore un des rares orchestres féminins de Jazz des années 20 sur la scène internationale. En 1991 l’Académie du Jazz a décerné à Certains L’Aiment Chaud le Prix Sidney Bechet qui récompense le meilleur musicien ou orchestre de jazz classique de l’année. Avec un clin d’oeil au film Certains L’Aiment Chaud (Some Like It Hot) de Billy Wilder, prouver que le jazz n’était pas seulement une affaire d’hommes et lui apporter une sensibilité particulière fut un pari de l’orchestre dès sa création, avant de devenir une évidence. Certains L’Aiment Chaud puise son répertoire dans les années 20, période d’intense activité artistique: des blues, des rags, des stomps se mêlent aux chansons de l’époque.

Certains L’Aiment Chaud se produit lors de nombreux concerts et festivals en France et à l’étranger

  • En France sur les grandes scènes estivales: Jazz in Marciac, Festival de Boogie Woogie à La Roquebrou, « Fête des Jazz » organisée par André Francis à Paris, Grande Parade du Jazz à Nice, Jazz à Vienne, St-Gilles-Croix-De-Vie, Vannes, Toulouse, Andernos, St-Raphael, Megève, Munster, Castelsarrasin…
  • En Suisse: Genève, Zurich, Neuchâtel, Lugano, Bâle, Sargans…
  • En Europe: Angleterre, Écosse, Irlande du Nord, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagne, Danemark, en Suède, en Norvège, notamment au festivals de Molde et Oslo, en Italie, Grèce, Lettonie, Macédoine…
  • En Amérique, aux U.S.A. et au Canada: au plus grand festival mondial de jazz traditionnel à Sacramento, à Chicago, Davenport, Milwaukee (U.S.A.) et Toronto (Canada)
  • Ailleurs… en Tunisie à Tunis et Tabarka, et à Dubaï en 2011 pour présenter le film The Girls in the Band au Festival International du Film
  • Et régulièrement dans les clubs parisiens comme le Petit Journal ou Autour de Midi.

Certains L’Aiment Chaud choisit son répertoire parmi les plus beaux thèmes de cette période d’intense activité artistique que sont les années 1920: des blues, des rags, des stomps se mèlent aux chansons de l’époque.

Le style de Certains L’Aiment Chaud est fidèle à celui des orchestres de Jelly Roll Morton, Fats Waller, Duke Ellington, Louis Armstrong, Bix Beiderbecke… L’improvisation se construit en solo ou en « collective » dans un cadre structuré où la mélodie est reine. Le swing se distille ici avec esprit, combinaison de délicatesse et d’un enthousiasme décontracté et communicatif.

Le « son » de Certains L’Aiment Chaud est reconnaissable grâce aux arrangements signés Kiki Desplat, leader de l’orchestre et cornettiste de renom. Ils créent pour chaque morceau une ambiance haute en couleur et mettent en valeur les qualités de chaque musicienne: le cornet à la Bix Beiderbecke de Kiki et sa voix bluesy dans la lignée de Bessie Smith, la sonorité onctueuse de la clarinette basse de Sylvette, le jeu dynamique de Nathalie au banjo, les envolées lyriques de Claude au soubassophone et le style raffiné et tonique de Catherine au washboard. Les chants en duo ou trio rappellent les groupes vocaux de l’époque et ajoutent au charme incontestable de cet orchestre original, pour le bonheur d’un large public.

Certains L’Aiment Chaud apporte depuis longtemps sa part de « nouveauté » dans la tradition. L’étendue de leur talent vous saute aux yeux : pas de fioritures inutiles, pas de démonstrations de virtuosité gratuite. On va droit à l’essentiel. Par le biais d’arrangements débordants d’imagination, elles nous offrent quelques-uns des chefs-d’œuvre du jazz originel. Ces 5 dames parisiennes vous emporteront dans un flot éloquent de belle et bonne humeur !

Comment ne pas vibrer, en ce début 2017, des performances d'Armel Le Cléac'h, premier du Vendée Globe, et de Francis Joyon et ses équipiers, récompensés par le Trophée Jules-Verne pour leur tour du monde à la voile. Cela redonne un peu de confiance en l'homme sur sa capacité à se surpasser alors que les vents dominants en nos pays sont porteurs d'interrogations... Quel rapport avec un concert, même au travers de quelque disgression inattendue comme celles-ci ? Ou encore comme cette autre : il y a une trentaine d'années, si ma mémoire ne me fait pas défaut, Le Figaro Magazine avait proposé à ses lecteurs une suite de reportages en des lieux exotiques et enchanteurs, sous le titre de "Cinq filles sur un bateau", agrémenté de superbes photos évocatrices du voyage et où le charme des navigatrices ajoutait au plaisir de la lecture et de la découverte. Hors, ce soir du 28 janvier 2017, s'ajoutant aux traditionnels vœux de nouvelle année, Jazzy 77 accueillait dans sa Cave du Jazz, pour parodier involontairement ce souvenir, cinq filles sur un plateau, où le talent et le métier sont aussi gages de qualité, et d'une soirée exceptionnelle, d'une autre évasion, cette fois dans le temps, car incursion dans le répertoire musical des années vingt. Dans un style que d'aucuns assimilent à celui des orchestres de Louis Armstrong, Bix Beiderbecke, Duke Ellington, Jelly Roll Morton ou Fats Waller.

Ici, pas d'océan pour appareiller, mais la scène, celle bien sûr de la Salle Sainte Anne de Lorrez-le-Bocage, animée de cinq grandes dames du jazz, aux instruments et parfois au chant : Kiki Desplat, la skipper musicale et compositeure des arrangements, au cornet ; Sylvette Claudet, aux clarinettes soprano et basse ; Nathalie Renault, au banjo ; Claude Jeantet, au soubassophone ; et la "washbordiste" Catherine Girard, la "Cajoune" qui, à deux reprises, nous a ravi avec son propre quartet - Sweet Mama - en décembres 2004 et 2015. Tout un programme, qui attira, comme pour l'arrivée à quai de nos vrais navigateurs, un public particulièrement nombreux...

Mais comme le titre du quintet l'annonce, depuis la création de la formation en 1983, pour définir leur style et leur sensibilité, en référence au film que Billy Wilder tourna en 1959 : "Some like it hot", ou mieux "Certains l'aiment chaud" ! Alors, ne laissons pas refroidir l'intérêt possible des lecteurs pour ces quelques lignes, en laissant l'équipage musical appareiller, et remonter au temps, sous les alizés de l'harmonie et de la connivence, qui mènent à la Nouvelle Orléans et à son souffle qui enrichit le jazz des premiers temps.

La sensation de dépaysement fut d'ailleurs immédiate, dès les premières mesures, tant dans l'offre purement instrumentale mise en musique par Kiki, créatrice des arrangements, que de celle vocale en duo ou trio, parfois en chœur, qui suivit, s'intercalant dans les séquences, avec un phrasé digne des formations américaines qui enchantèrent notre jeunesse, en concert ou dans les films, installant un plaisir d'écoute permanent. Les voix de Kiki, qui n'hésite pas à chanter Mistinguett dans "Mon Homme", de Cajoune, au timbre agréable et souple, avec "Taking a chance of Love", ou "The Man I Love" de George Gershwin, plongent sous le charme. Et puis, il y a la chaleur des instruments, avec les dialogues chaleureux des soufflants de Kiki et Claude, du cornet aux clarinettes soprano et basse qui, à tour de rôle, explorent des gammes complémentaires, où les notes coulent avec fluidité et onctuosité comme le flot autour de l'étrave du bateau ; avec ceux opposés de Nathalie et de Claude, du banjo et du soubassophone, l'un sec et virevoltant, l'autre grave et plein de rondeur et de gravité ; avec le jeu swingué de Catherine, maîtresse es-washboard, et dont la présence et le talent s'accomodent à merveille avec tous les instruments.

Que du bonheur, donc, au travers de titres exprimés avec une sensibilité féminine qui n'écarte pas la vigueur quand elle s'impose, à l'écoute de "Hallelujah"; "Georgia Swing", de Jolly Roll Morton "; "Roses of Picardy", de Haydn Wood, quelques références parmi les vingt quatre morceaux et standarts interprétés.

"Runnin' Wild", chanté en trio et ponctué d'un final enlevé, donna la raison du titre - mystérieux pour les profanes - du quartet, car morceau interprété dans le film au titre éponyme : "Certains l'aiment chaud", une histoire dont l'argument central est un orchestre de filles. D'où le choix !

Il en ressort que beaucoup de plaisir sourd dans cette rencontre de musiciennes. Il est vrai que c'est une formation qui, hors l'arrivée récente de Cajoune, a une expérience de près d'une trentaine d'années, marquée de nombreux concerts et festivals tant en France qu'à l'étranger, et qui fut d'ailleurs récompensée en 1992 du Prix Sidney Bechet, décerné par l'Académie du Jazz... Une belle et méritée référence.

Et minuit de sonner sans qu'on s'en aperçoive, le dimanche commençant par un bis au titre à l'unisson de la soirée passée, proposé par Sylvette : le célèbre "C'est si bon". Et le public de participer, sans se faire prier, aux reprises chantées "… si bon, si bon".

Qu'ajouter vraiment ?
Merci les filles pour cette croisière musicale ! (Clairis)

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